Bienvenue à tous,

C’est Clumsy qui nous propose de lire un livre par mois, celui que l’on souhaite tant qu’il est écrit par une femme noire.

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Book #9 : Léonora Miano Ces âmes chagrines 

 

9782266223799

 

 

My point of view

Un livre dense, compact. Des personnages très marqués.

Une histoire d’enfants délaissés par leur mère avec en trame de fond les liens qui unissent et désunissent l’Afrique et l’Europe.

On voyagera sur le continent subsaharien, dans l’intra-muros et le Nord en cherchant sans cesse à y mettre le nom d’un continent ou d’une ville. On croisera une multidude de personnages. On vivra la misère de la clandestinité dans le Nord.

Modi, le fils métis, s’enlise dans la douleur. « prenait conscience de son désarroi , de son inaptitude à dépasser ses vielles blessures. » Une quète d'identité : comment faire face au choix de la double identité ? Rejeter l'une, garder l'autre ? Comment créer une identité plurielle. Les ravages d'un divorce pour cet enfant dont la mère prend un nouveau mari qui n'accepte pas le package "femme+enfant". C'est un homme en colère que l'on retrouve. La colère de l'injustice, l'amertume puis vient la méchanceté. Comment aimer quand on a soi même était mal aimé ? Comment retrouver ou créer de l'estime de soi ? Comment garder le cap?

Maxime, le fruit du viol, fait front. « de ceux qui, s’ils se rendent compte du malheur qui les accable, trouvent toujours en eux de quoi endurer sereinement la vie, de quoi espérer, de quoi créer du sens. »

Une mère branchée sur les ondes " instinct de survie", incapable de choisir son enfant à un instant de sa vie.

Des vies, des regards, des âmes chagrines.

J’ai quitté le Mboasu, fermé ce livre avec une furieuse envie de respirer, de vivre comme si je venais de lire une partie de ma propre histoire au masculin.

 

ll y aurait encore beaucoup à dire sur ce livre… Je vous laisse le découvrir en le lisant !

 

More and more

Un extrait du livre sur ce rapport tellement chargé d'histoire entre le continent et le Nord.


«Au vu de ces éléments, on s’effarait de l’acharnement que mettaient les puissances nordistes à refouler les Subsahariens désirant s’établir chez elles, quand elles s’échinaient, avec autant d’énergie, à tout faire pour les conduire à désespérer du Continent. La morale aurait recommandé de leur dérouler le tapis rouge, purement et simplement, parce que aucune politique de codéveloppement, aucune ambition de commercer équitablement avec le Continent, ne pouvait tenir lieu de compensation acceptable, face à des siècles de spoliation, de mépris. Tant qu’un ne serait pas tout à fait quitte les rapports seraient souvent faussés, les Subsahariens n’approchant les Nordistes que dans le but- de se faire rembourser d’une façon ou d’une autre. C’était rude pour ceux des Nordistes qui recherchaient des relations plus fraternelles que celles instaurées par leurs ancêtres, mais c’était éminemment compréhensible, les compteurs n’ayant pas été remis à zéro, ne pouvant aisément l’être.»