soproudnana

02 octobre 2017

Clumsybookclub #21: Taiye Selasi Le ravissement des innocents

Bienvenue à tous,

C’est Clumsy qui nous propose de lire un livre par mois, celui que l’on souhaite tant qu’il est écrit par une femme noire.

Clic clic sur le lien de son blog pour plus d’explications ou celui du Clumsy book club sur goodreads.

 

Book #21:Taiye Selasi Le ravissement des innocents

 

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My point of view

Une histoire bouleversante. Celle d’un homme, Kweku, un père de 4 enfants, un chirurgien, un mari qui abandonne sa famille après avoir été viré de son travail suite à une injustice à caractère racial.

Tu découvriras comment tout ce petit monde va survivre suite à cet évènement. Fola, sa femme. Les jumeaux, Kehinde et Taiwo. Sadie, le bébé. Olu, l’aîné.

Un livre surprenant du point de vue littéraire : une écriture fluide, imagée, enveloppante, ouatinée comme un cocon. C’est un livre sensuel : de nombreuses prises de vue avec arrêt sur image, des odeurs envoûtantes, des contacts autorisés et interdits, des non dits et des oui dire. Des caractères dépeints avec talent, tout en finesse, avec bienveillance mais sans complaisance.

J’ai eu beaucoup de mal à me faire à ce style les premières pages. Puis, une fois le cadre posé, j’ai adoré suivre cette famille. Ces peines surtout. La difficulté à se construire amputé d’un de ses membres.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce livre… Je te laisse le découvrir en le lisant !

 

More and more

Un petit extrait du livre. Ce n’est pas la première lecture d’une auteure noire où j’entends cet appel aux hommes Africains à aller au bout de l’investissement familial, à prendre en charge, à ne pas abandonner, à se battre encore et encore, à assumer.

« Savez-vous ce que je pense ? Le respect envers la famille n’existe pas. Les pères ne vénèrent ni leurs enfants ni leurs femmes. L’Olu que j’ai connu, Oluwalekun Abayomi, avait deux bâtards outre ses trois enfants légitimes. Un cerveau exceptionnel mais aucun sens moral. D’où les enfants-soldats, les viols. Comment pouvez-vous attacher de l’importance à la fille ou au fils d’un autre si vous n’en accordez même pas aux vôtres? »

Et puis un petit clin d’œil à l’actu comme des poupées gigognes qui s’emboîtent. Olu, le père, est comparé à un Carson ghanéen. Mais si tu sais, Ben Carson, le neurochirurgien afro entré dans la légende pour avoir réussi à séparer des siamois par la tête. Le même Ben Carson qui est aujourd’hui secrétaire au logement et au développement urbain du gouvernement Trump. Ce Trump qu’il a fortement aidé à élire. Dans la récente série « désigné survivant », Kieffer Sutherland, lui aussi secrétaire au logement et au développement urbain, devient le président des États-Unis suite à un attentat… Drôle de vie !

 

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18 juillet 2017

ClumsyBookClub #18-19-20 : Maya Angelou jesaispourquoichantel'oiseauencage, tantquejeserainoire, unbilletd'avionpourl'afrique

Bienvenue à tous,

C’est Clumsy qui nous propose de lire un livre par mois, celui que l’on souhaite tant qu’il est écrit par une femme noire.

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Book #18-19-20 Maya Angelou je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, tant que je serai noire, un billet d'avion pour l’Afrique

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My point of view

Un triptyque magnifique de sincérité bercé de poésie et de negro spirituals. Ces 3 romans, autobiographiques, sont une hymne à la grandeur du peuple Noir.

Cette biographie en 3 tomes de Maya Angelou nous révèle une vie dense et pleine d’un chant d’Espérance. Swing low, sweet chariot. Chanteuse, danseuse, activiste, romancière et poète.

Le premier tome est cinglant et dur comme le viol dont elle a été victime. Justice. Il est sec comme la ségrégation dont les familles de Stamps furent victimes. Ne voyant que des blancs venir les narguer dans la boutique de sa grand-mère, Maya découvre l’humiliation et la peur. Voyages entre Nord et Sud des États-Unis. But Jesus is here. Toujours ce peuple qui se relève et s’élève malgré les systèmes d’oppressions. La grandeur du peuple Noir perçut comme une telle menace qu’il faut la détruire. Et la naissance de son fils.

Le deuxième tome est poignant. La vie de mère. L’engagement dans la lutte auprès du King, Martin. Le mariage avec Vusumzi Make (prononcer ce nom donne un tel plaisir), militant pour la cause en Afrique du Sud. Quel tourbillon ! Quelle vie ! La première de les nègres de Jean Genet.

Le troisième est celui du retour à la source, aux ancêtres sur les terres de l’Afrique Noire. La peur panique générée par l’unité Africaine proposée par le président Nkruma Kwame du Ghana qui fut donc assassiné. Malcolm. Le clivage entre Noirs africains et Noirs américains quand ces derniers arrivent en infatués conquérants.

Inutile de te dire combien, j’ai été passionnée et transportée par ses mots. A relire avec mes filles quand elles auront l'age de comprendre.

ll y aurait encore beaucoup à dire sur ces livres… Je vous laisse le découvrir en les lisant !

More and more

Pour voir le sourire généreux de Maya et en savoir plus sur sa vie, il existe un superbe reportage (actuellement diffusé sur Netflix).

 

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Et la poésie de Maya.

And still i Rise : ce poème est un cri du coeur

 

Vous pouvez me citer dans l'histoire

Avec vos mensonges amères et tordus,

Vous pouvez m’enfoncer dans la boue

Mais, comme la poussière, je m’élèverai.

 

Mon arrogance vous perturbe-t-elle?

Pourquoi sombrer dans la tristesse?

Parce que je marche comme si j'avais des puits

Pompant leur pétrole dans mon salon.

Tout comme les lunes et les soleils,

Avec la certitude des marées,

Tout comme les espoirs toujours vivaces,

Je vais encore m’élever.

 

Désirez-vous me voir brisée?

Tête inclinée, regard baissé?

Les épaules tombantes comme des larmes.

Affaiblie par mes pleurs inspirés.

Mon orgueil vous offense-t-il?

Si dur pour vous à supporter?

Parce que je ris comme si j’avais des mines d'or

Creusées dans mon arrière-cour.

Vous pouvez m’abattre avec vos mots,

Me cisailler avec vos yeux, Me tuer avec votre haine,

 

Mais, comme l'air, je m’élèverai.

 

Ma sensualité vous bouleverse-t-elle?

Est-il vraiment si surprenant

Que je danse comme si je cachais des diamants

A la jointure de mes cuisses?

Sortie des huttes de l'histoire honteuse

Je m’élève

 

Extraite d’un passé enraciné dans la douleur

Je m’élève

Je suis un océan noir vaste et bondissant,

Montant et enflant je résiste à la marée.

Laissant derrière les nuits de terreur et de peur

Je m’élève

Vers une aube infiniment claire

Je m’élève

Apportant les cadeaux offerts par mes ancêtres,

Je suis le rêve et l'espoir de l'esclave.

Je m’élève

Je m’élève

Je m’élève.

 

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28 juin 2017

Be positif : élever un enfant à la peau couleur chocolat en France #2

Toujours dans cette quête de comprendre puis, donner à mes enfants les armes nécessaires pour s’en sortir la tête haute dans un monde où le racisme est endogène, viscéral et enraciné dans une grande majorité de la population, je pose ici des extraits de romans. Toutes ces auteures noires deviennent peu à peu des référentes qui égrainent la bonne parole. Leurs phrases raisonnent pour moi, elles peuvent aussi résonner pour d’autres.

 

Petite anecdote

« Est-elle Française cette enfant ? »

« Oui ! Bien sur ! »

« Rhaa oui c’est vrai, maintenant même si on est noire, on peut avoir la nationalité Française ! Tu as de la chance que ton père soit blanc. Mais quand même tu es de quelle origine ? »

« Euh ! Euh ? »

Et là commence la conscience de la négritude comme un poids ... But why ?

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Extraits Maya Angelou Tant que je serai noire (le livre de poche 31531)

 p31 « Les blancs, ils sont tous méchants et les Noirs valent pas beaucoup mieux. Occupe-toi seulement de ton fils. Garde-le près de toi et répète-lui tous les jours qu’il est le plus futé des sujets de la Création. »

 p32 « Je louai l’étage d’une maison victorienne. En voyant des enfants noirs jouer dans sa nouvelle rue, Guy se mit à trembler d’excitation. Je compris jusqu’à quel point la fréquentation des siens lui avait manqué. »

 p46 « Les animaux détectent la peur. Ils la sentent.Or, tu sais comme moi que les humains sont des animaux, eux aussi. Ne laisse jamais les autres voir que tu as peur. Sous aucun prétexte. A plus forte raison lorsqu’ils sont nombreux. La peur fait ressortir ce qu’il y a de plus vil chez l’humain. Dans le hall, tu tremblais comme un lapin traqué. Je le sentais et tous ces blancs aussi. Si je n’avais pas été là, ils se seraient peut-être transformés en meute. A ma vue, ils ont comrpis qu’ils avaient intérêt à ne pas nous embêter. Sinon, ils auraient besoin d’un nouveau derrière pour remplacer celui que leur maman leur a donné. »

 p62 « La mère de couleur appréhende la destruction derrière toutes les portes, la ruine derrière toutes les fenêtres ; elle se méfie de tous, y compris d’elle même. Elle se demande si elle aime assez ses enfants -ou, éventualité encore plus terrible si elle les aime trop ; elle se demande si son apparence les plonge dans l’embarras ou, pire si elle est séduisante au point où son fils la désire et où sa fille commence à la détester. Si elle est célibataire, les défis lui semblent encore plus insurmontables. Son statut indique qu’elle a quitté son partenaire ou qu’elle a été abandonné par lui. Pourtant, elle élève des enfants, qui un jour, seront en couple à leur tour. Dans le monde extérieur, les enseignants, les médecins, les vendeurs, les bibliothécaires, les policiers et les travailleurs sociaux, tous blancs, régissent les humeurs, les conditions de vie et la personnalité de sa famille : à la maison, pourtant, elle doit exercer une autorité qu’un coup de fil ou une visite impromptue risque à tout moment de compromettre. Confrontée à de telles contradictions, elle doit assurer une stabilité qui réconforte sans suffoquer et dire toute la vérité au sujet du pouvoir des Blancs, sans laisser entendre que l’ordre actuel est immuable. »

 p99 « Vous prêchez à des convertis, Miss Angelou. Traditionnellement, les membres des groupes minoritaires, les exploités et les asservis, ont dû travailler plus fort et faire état de compétences plus grandes à seule fin d’être pris en considération. »

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Extraits Maya Angelou Je sais pourquoi l’oiseau chante en cage (le livre de poche 31533)

 p214--216 « M.Donleavy nous parla des merveilleux changements qui nous étaient réservés, à nous, les enfants de Stamps. Central School (il s’agissait bien entendu de l’école blanche) jouirait dès l’automne d’un certain nombre d’améliorations… Un artiste très connu viendrait de Little Rock y enseigner le dessin et la peinture. Elle recevrait des microscopes et un équipement des plus modernes pour ses laboratoires de chimie. M. Donleavy poursuivit notre éloge. Il le poursuivit en racaontant comment il s’était vanté qu’un des meilleurs joueurs de basket de Fisk avait marqué son premier panier ici même, à l’école préparatoire du comté de Lafayette. Les jeunes Blancs se verraient offrir l’occasion de devenir des Gallilés, des Madame Curie, des Edison ou des Gauguin. Et nos garçons (les filles n’étaient même pas dans le coup) essaieraient d’être des Jesse Owens et des Joe Louis. Qui décidait que, pour devenir un savant, Henry Reed devrait, comme George Washington Carver, cirer des chaussures afin de pouvoir s’acheter un microscope ?»

 p221 « De nouveau nous avions repris le dessus. Comme d’habitude. Une fois de plus. Nous survivions. L’abîme avait été glacial et ténébreux, mais, à présent, un soleil brillant s’adressait à nos âmes. Je n’étais plus simplement un membre de la fière promotion de 1940. J’étais un membre fier de la superbe race noire. »

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Extraits Terry McMillan A la bourre et sans un rond (J’ai lu 7699)

 p16 «Bon, j’dois dire que tous mes enfants sont plus grands qu’la moyenne, beaux comme c’est pas permis et noirs comme pas deux, et qu’jai passé beaucoup plus de temps et d’énergie que nécessaire, il m’semble, à leur apprendre à apprécier la couleur de leur peau. A pas en avoir honte. Plus le fruits est foncé, plus le jus est sucré, j’leur disais, car on sait bien qu’à l’époque, il suffisait d’avoir la peau pâle et des longs cheveux ondulés pour être forcément belle. Des conneries, mais aujourd’hui encore, des millions de femmes sans charme à la peau pâle et aux cheveux filasse s’pavanent en croyant ces bobards. Bref, malgré tout c’que j’pouvais dire ou faire pour que mes enfants se sentent fiers, charlotte a toujours détesté la couleur de sa peau. Et peu importe qu’ça soit elle la plus jolie de toute la bande, peu importe qu’elle ait les cheveux les plus longs, les plus épais, les plus brillants de toutes les filles noires de son école. »

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 Extraits Chimamanda Ngozi Adichie Chère Ijeawele, ou manifeste pour une éducation féministe (gallimard)

 p53 «Entreprend tout aussi de lui montrer l’inaliénable beauté et la résilience des Africains et des Noirs. Pourquoi ? A cause des dynamiques de pouvoir à l’œuvre dans le monde, elle grandira en voyant des images de la beauté des Blancs, des talents de Blancs et de la réussite des Blancs, et ce quelque soit le pays où elle se trouve. Cela viendra des émissions télé qu’elle regarde, de la culture populaire qu’elle consomme, des livres qu’elle lit. Elle grandira en voyant sans doute des images négatives des Noirs et des Africains. Apprends-lui à se sentir fière de l’histoire des Africains et de la diaspora noire. Trouve dans l’histoire des héros noirs, hommes et femmes. Ils existent. Tu devras peut être aller à l’encontre de ce qu’elle apprendra à l’école… Explique lui les privilèges et les inégalités, et l’importance de reconnaître sa dignité à toute personne qui n’est pas mal intentionnée à son égard. »

  

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11 juin 2017

ClumsyBookClub #17 : Latashia M.Perry des cheveux comme les miens

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Book #17 : Latashia M.Perry des cheveux comme les miens

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My point of view

Un livre sur une petite fille qui n'apprécie pas que ses cheveux soient différents des autres enfants qui l'entourent.

Ce livre est très intelligent pour de multiples raisons :

- l’héroïne n'a pas de nom. Que ta fille, ta nièce ou ta cousine se nomme Seyni, Yacine, Amandine, Marine, Jordane, Sylvia ou Jessica, elle pourra se retrouver dans cette histoire. C'est excessivement malin et habile car cela touche toutes les petites filles noires quelque soient leurs origines

- le livre ne vise pas à magnifier les cheveux crépus mais bien à accepter ses différences et arriver à la conclusion que nous sommes tous uniques et spéciaux. Là encore c'est un coup de maître. "Il n'y a personne comme toi au monde. Tu es unique et très belle."

- les illustrations sont multiples avec un nombre de coiffures impressionnant

- il n'y a aucun jugement

Bravo à cette auteure qui a su penser la différence dans sa globalité et nous sert ici un petit bijou.

More and more

Il n'y a pas que les cheveux qui turlupinent les enfants. Il y a aussi la nationalité.

Je dépose ici un autre livre pépite qui rassurera moults enfants qui se questionnent.

petite anectode :

Une adorable petite fille noire du doux nom de Lola rentre à la maison en s'interrogeant sur sa nationalité.

"Maman j'ai discuté avec Yacine à la récréation et elle dit qu'elle est Sénégalaise et que je suis Togolaise. C'est vrai ?"

"Non ma fille" répond sa maman " tu n'es pas Togolaise. Tu es Française."

"Tu es sure maman ? C'est vrai que je suis Française?" répond Lola avec un énoorme big smile de fierté.

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Dans ce livre, tu trouveras des mots que tu pourras poser avec tes enfants sur ce sujet pour les rassurer pleinement sur leur nationalité s'ils en éprouvent le besoin.

- Maitresse, pourquoi tu es noire ?

- Je vais répondre à ta question par une autre question Tovi : pourquoi es-tu blanc?

- Parce que je suis Français ! Répond Tovi

- N'importe quoi ! proteste  Miradie. Moi aussi, je suis Française. Et ce n'est pas pour ça que je vais devenir blanche !

07 juin 2017

ClumsyBookClub #16 : Chimamanda ngozi adichie Americanah

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Book #16 : Chimamanda ngozi adichie Americanah

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My point of view

Quelle tristesse de dire au revoir à ce roman. Encore, avais-je envie de dire. Encore, des mots réconfortants sur mes maux !

Ce livre est un véritable cadeau. Autant sur la forme que sur le fond. Une plume souple et fluide pour 700 pages d’une densité rare. Chaque mot, chaque phrase comptent.

Rien que le nom de l’héroïne est une invitation au voyage : Ifemelu ! Hye female you ! Bonjour à toi oh Femme !

Ifemelu, femme Noire Nigériane, étudiante diplômée, part aux États-Unis pour y faire des études et élargir son champ des possibles. Elle laissera au Nigeria son amour de jeunesse, Obinze.

Le roman débute au moment au Ifemelu a pris la décision, après 13 ans d'expatriation, de retourner dans son pays d’origine. Assise dans un salon de coiffure, elle nous raconte son parcours, les raisons de son départ aux États-unis, puis celles de son retour au pays. Le ton, toujours juste, n’est ni pesant, ni moralisateur. Il invite à la prise de conscience.

L’arrivée aux États-Unis sera un choc frontal : la découverte de la négritude comme un fardeau à porter. La difficulté de trouver un travail, la dépression, la honte mais aussi les réussites, les amours. L’auteure brosse un tableau de quelques interactions du système américain : les blancs, les Noirs Américains, les Noirs Africains. L’héroïne ne semble pas avoir eu de relation poussée avec les autres groupes minoritaires. En tout cas, ils sont invisibles dans le roman.

Le roman est ponctué des billets du blog à succès qu’écrit l’héroïne. Deux styles d’écriture qui permettent de jongler entre une histoire privée et une analyse politique et sociale de la condition des Noirs aux États-Unis.

A son retour au Nigeria, l’auteure décrit, avec vérité et sincérité, sa nouvelle personnalité d’Americanah, plus tout à fait Nigériane, pas tout à fait Américaine. Tu verras que l’auteure est honnête et lucide. Elle ne te brossera pas un portrait idyllique du Nigeria. Tout n’est pas si rose, même si la notion de race n’existe pas, d’autres problèmes sont dénoncés : la corruption, l’asservissement de la femme au porte-monnaie de l’homme, etc.

La libraire m’avait vendu ce livre comme une histoire d’amour, j’y ai trouvé bien plus que ça ! Cette histoire entre Obinze et Ifemelu me semble n’être qu’un fil rouge. Ce qui expliquerait pourquoi la fin est si peu étayée et si courte devant la profusion des thèmes abordés avec une grande précision tout au long du récit.

ll y aurait encore beaucoup à dire sur ce livre… Je vous laisse le découvrir en le lisant !

More and more

Au vu du nombre de sujets traités dans ce livre, plein de more and more me viennent à l’esprit. J’ai choisi de garder mémoire de 4 petits extraits ici.

« Comment va ton enfant ? Va-t-elle déjà à l’école ? » Tu devrais la mettre à l’école française. Ils sont très bons, très professionnels. Naturellement, l’enseignement est en français, mais cela ne peut faire que du bien à une enfant d’apprendre une autre langue civilisée, puisqu’elle apprend déjà l’anglais à la maison. » extrait qui se passe au Nigeria

Cette histoire fait écho à une anecdote.

Un papa Togolais faisait réciter sa leçon de géographie à son fils.

« Alors les fleuves de France mon fils pourrais-tu les mettre sur la carte ? »

« Mais papa, tu m’as donné une carte vierge, il n’y a pas les fleuves de France. »

« Comment ça ? Tu ne sais pas les dessiner ? A l’école, on nous apprenait à dessiner la France à main levée et à placer les fleuves et les villes. »

On aura deviné que le papa avait suivi sa scolarité au Togo et le fils en France.

Cela en dit long sur une forme d’imprégnation et de conditionnement, dès l’enfance. Le désir que son enfant ressemble, voir soit, à l’image du modèle dominant. Les restes de la colonisation ne peuvent-ils pas disparaître au profit d’une fierté nationale ? Comment avec une telle approche ne pas créer de la frustration et l'envi d'un ailleurs ?

 

« des radiateurs trop chauds en hivers et des climatiseurs qui refroidissent rien en été... Un gamin endormi sur un canapé défoncé recouvert d’un peignoir… à l ‘intérieur la pièce était un modèle de laisser-aller, avec sa peinture écaillée, un sèche cheveux rouillé qui n’avait pas servi depuis longtemps,...»

Mais pourquoi donc en France aussi certains salons de coiffure Afros sont d’une saleté repoussante ? Quel est ce concept de véhiculer une image crasse d’un groupe ethnique ?

 

La véritable tragédie d’Emmet Till, lui avait-il dit un jour, n’était pas qu’un enfant noir avait été assassiné pour avoir sifflé une adulte blanche, c’était que les Noirs s’étaient demandé : mais pourquoi a-t-il sifflé ?

C’est vraiment un sujet qui me tient particulièrement à cœur en tant que maman. Jusqu’à quel point je bride mon enfant à cause de la peur et non pour des raisons de bienséance et de morale ? Quel degré de liberté je lui supprime à cause de sa couleur ? Comment, par mon comportement, je lui fait déjà sentir qu’il est moins bien ? Au lieu de le pousser en avant ? Comment, face à un « de toute façon je ferai comme mes frères, je vendrai de la drogue car c’est ce que font les Noirs », je transforme sa pensée en possibilité d’un autre endroit et d’un ailleurs où la société ne l’attend pas encore ? Quelles actions je mets en œuvre pour que mon enfant se dise qu’il peut représenter l’homme ou la femme idéale d’une production grand public ? Comment je lui apporte de l’apesanteur dans la pesanteur ? Comment je lui donne de la force pour dépasser les préjugés qu’il va rencontrer pour qu'il puisse se faire SA place?

Encore une petite anecdote. Une femme Sénégalaise vient me voir outrée car on a mis son enfant en cours de soutien scolaire. « Tu te rends compte, ma fille, ils ont proposé qu’elle redouble le CP. Tout ça car elle est noire et que je ne parle pas bien Français. Et en plus en soutien, ils lui font faire des fléchettes, pour soi disant qu’elle prenne confiance en elle. C’est du calcul qu’elle devrait faire. Pas des jeux. C’est parce qu’on est étranger qu’ils font ça. » Comment je fais la part des choses et je sais reconnaitre une main tendue ? Comment je crée des passerelles et du lien et pas nécessairement de la confrontation et de l’opposition ? Comment je propose du vivre ensemble ?

 

« Tu sais nous vivons dans une économie de lèche-culs. Le plus gros problème de ce pays n’est pas la corruption. C’est qu’il y a une quantité de gens qualifiés qui ne sont pas là où ils devraient être, parce qu’ils refusent de lécher le cul de qui que se soit, ou qu’ils ne savent pas quel cul lécher, ou encore qu’ils ne savent pas lécher un cul. J’ai la chance de lécher le cul qu’il faut. »

Je me suis posée un bon moment pour rire avant de continuer ma lecture...

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15 mai 2017

Be positif : élever un enfant à la peau couleur chocolat en France #1

Bonjour. Je suis une maman de deux petites filles à la peau chocolat.

Une poussée d’angoisse a commencé à me gagner quand j’ai compris l’impact des dernières élections présidentielles sur ma grande de 8 ans. C’est simple, ma fille a commencé à faire pipi au lit, la nuit, deux mois avant le deuxième tour des élections et son énurésie s’est arrêtée net le jour des résultats. Je n’ai rien vu venir. Il était temps que je me pose sérieusement et que je me mette à réfléchir sur comment l’aider à gérer cette peur. Il faut le dire la perspective de dépenser le budget vacances dans une autre machine pour laver les draps ne m’enthousiasmait guère.

 

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Comment élever mon enfant à la peau chocolat dans un monde majoritairement blanc et où une bonne proportion ne souhaite pas intégrer en son sein des personnes colorées ? Qu’est-ce que je pouvais faire pour elle ? Est-ce que moi, j’y arrive ? A la dernière question, je répondrai malheureusement pas toujours. La couleur de notre peau nous rattrape souvent et c’est chaque jour qu’il faut trouver la ressource nécessaire en soi pour ne pas se laisser bouffer par cette injustice. Je ne fais plus pipi au lit. Heureusement pour le budget vacances ! Mais je mange du chocolat ...

J’ai commencé à farfouiller sur le net et je me suis vite rendue compte que je n’étais pas la seule à me poser des questions : OUF ! Oui, c’est un peu égoïste mais voir que d’autres ont aussi les même questionnements permet de se sentir moins seule et de penser que l’on est doté d’un peu de raison.

 

J’ai lu des articles sur internet qui m’ont fait grogner !

Le livre d’Amy Chua, « triple package », expose que des minorités réussissent plus que d’autres aux États-Unis. Elle cite les juifs, les Cubains, les Indiens, les Libanais, les Iraniens, les Nigériens. Ce livre est très controversé ; Amy Chua est une maman tigre. La première caractéristique qui explique l’ascension de ces groupes est le complexe de supériorité.

Dans son article, les frontières culturelles et les enfants de minorités, publié dans la revue Française de pédagogie, John U.Ogbu donne la conclusion suivante :

« Une des principales raisons — mais pas l'unique — de cette absence relative de réussite scolaire est le type d'orientation culturelle qu'ils projettent sur l'école, c'est-à-dire le modèle social, ou leur perception de la « réalité sociale », qui contient des éléments de leur vision sur les voies de la réussite pour les Noirs, de leur stratégies de survie face à la barrière des emplois, de leur méfiance envers les Blancs et les écoles qu'ils contrôlent, ainsi que de leur identité et de leur cadre de référence culturel d'opposition. » (étude Américaine)

On retrouve encore, en creux, le sentiment d’infériorité.

Le fameux test de la poupée noire : clic clic clic

Nous ne sommes pas aux États-Unis. Je n’ai pas trouvé de biblio sur des études faites en France. Mais je me suis dit qu’il y avait un peu/beaucoup de vrai dans toute cette histoire de sentiment d’infériorité.

 

Alors ? Quelles petites graines j’allais pouvoir semer pour faire pousser l’arbre de sa confiance ?

Être fière d'elle

Chaque jour, chaque matin, je tente de lui renvoyer une image positive des spécificités liées à leur négritude. Ses cheveux crépus sont beaux, sa peau est dorée comme un petit beurre à croquer. Elle est intelligente. Je tente de lui signifier que quoiqu’il arrive dans la vie, je serai toujours là. Chaque enfant est spécial, le nôtre aussi. "Tu es brillante ma fille, ne laisse jamais quelqu'un t'empêcher de briller !"

Développer ses talents

J’ai volontairement éviter un sport et/ou une activité qui ne lui convennait pas. Je suis allée à la facilité et j'ai approuvé ses choix pour des activités où elle excelle ou tout du moins là où elle a des talents. Elle devra produire des efforts certes mais ils seront récompensés. C’est très gratifiant pour la confiance en soi. Si l’environnement de l’activité avait été propice au racisme, j’aurai pensé au cours particulier.

Elle dessine tout le temps. Je ne mets pas mon nez dedans. Tant pis si ce n'est pas académique. C'est son espace de vie.

Je lui ai parlé du libre arbitre 

Tu sais ma fille, il existe des gens que tu apprécies moins. Tu ne sais pas trop pourquoi.Tu as le droit de ne pas l’aimer, comme d’autres ont le droit de ne pas t’aimer. C’est ce que l’on appelle le libre arbitre. Malheureusement, il y a des personnes qui ne t’aimeront pas pour la couleur de ta peau. N’essaye même pas de les convaincre que tu es quelqu’un de bien, prend tes jambes à ton coup et va voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Ils ne méritent même pas une seule goutte de ta précieuse énergie.

L’armer face aux préjugés, aux à priori, aux peurs et aux croyances dépassées des blancs ne me semblent pas si facile.

Parfois, les propos racistes sortent tellement de nul part qu’il est difficile d’avoir de la répartie. Nous ne pouvons pas envisager les fonds abyssaux de l’imaginaire des gens. Je ne sais pas encore comment développer sa capacité de résistance face à ses micro-agressions. Lui apprendre son l'histoire, l'histoire est une piste.

Favoriser la discussion 

Il me semble nécessaire qu’elle vide son sac. Je tente de toujours terminer la discussion par une affirmation de l’estime de soi. Le doute ne doit pas s’insinuer dans son esprit, ce n’est pas elle qui est bête ou sale, c’est l’autre qui est inculte. Il ne doit subsister aucun doute dans son esprit quand à la fierté qu’elle doit ressentir d’avoir la peau chocolat et d'être intelligente comme tout être humain.

Lui renvoyer des images positives de la couleur chocolat

Voici un site de livres avec des héros à la peau brune : clic clic clic

Faut vraiment beaucoup fouiller ! Il n’existe pas tant de livres que ça avec des héroïnes couleur chocolat et très peu sont en Français. Perso, je ne suis pas pour les livres du genre Kirikou. Mes enfants ne se trimballent pas à poil (ce serait pourtant super pour le budget vacances, rapport à la machine à laver ... Idée fixe !) et ne vivent pas entourés de sorcières et de marabouts.

J’ai acheté beaucoup de jouets qui ressemblent à mes filles. Mais pas assez ! Alors je continue à farfouiller pour trouver des jouets auxquelles elles peuvent s’identifier.

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 tableau quand je serai grande je serai présidente d'Isabelle Kessedjian (2010)

Pour les poupées, il y a une liste très bien ici : https://frisettes.wordpress.com/2015/11/25/noel-approche-ou-trouver-la-poupee-noire-ideal-pour-sa-filles (En plus, les poupées happy to see you photo ci-dessous clic clic clic , la famille Milo et Lila DJECO)

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Pour les mamans bricoleuses, je me souviens avoir confectionné, pour les 2 ans et demi de ma grande, avec beaucoup d'amour une poupée Wardorlf à la peau chocolat. Elle était ravie. clic clic clic kit marotte et compagnie.

 

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Des séries et films avec des héros à la peau chocolat : les Américains savent bien faire ! Dommage qu’il en existe peu en Français.

J’ai cherché des références d'hommes et de femmes à la peau chocolat qui lui renvoient une image positive et je la gave avec. J’en cherche encore. D’ailleurs, ça me fait du bien à moi aussi !

J’ai punaisé un poster d’Obama dans notre home sweet home. Un « Yes we can » chaque matin, ça ne peut faire que du bien !

Fuir les personnes toxiques

Inutile de garder dans son réseau des personnes qui font ce genre de remarques « ils sont beaux quand ils sont petits les noirs, c’est après que ça se complique. » Si tu as la peau chocolat, tu m'as comprise.

 

Et vous, vous faites quoi ?

 

Ressouces disponibles :

Diariatou Kebe, Maman noire et invisible, chapitre 3, La boite à pandore, 2015

Rokhaya Diallo, Comment parler du racisme aux enfants, Le baron perché, 2013

Christiane Taubira, l'esclavage raconté à ma fille, points, 2015 

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05 mai 2017

ClumsyBookClub #15 : Fatou Diome Marianne porte plainte !

Bienvenue à tous,

C’est Clumsy qui nous propose de lire un livre par mois, celui que l’on souhaite tant qu’il est écrit par une femme noire.

Clic clic sur le lien de son blog pour plus d’explications ou celui du Clumsy book club sur goodreads.

 

Book #15 : Fatou Diome Marianne porte plainte !

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My point of view

C’est un pamphlet sur les hommes célèbres politiques ou médiatiques qui prônent une forme d’identité nationale concomitante avec le rejet de l’autre et le racisme.

C’est gonflé de la part de Fatou de parler au mon de Marianne, au mon de la France. Et pourtant, quelle génie ! Elle invite chaque Français qu’il soit blanc ou racisé à se saisir de sa nationalité Française : de la revendiquer haut et fort et surtout de l’assumer. Elle encourage à se débarrasser du poids du citoyen de poubellezone qui n’ose pas. Le citoyen qui accepte les réflexions désobligeantes, elle l’encourage à se sentir pleinement Français au détriment de l’image d’étranger qui lui est renvoyée. Elle invite chaque Homme a marché avec fierté et « à marcher sur le pont de la fraternité ».

Elle nous parle de la religion comme les dessous chics, tout le monde peut en avoir, mais nul n’est tenu d’exhiber les siens. Elle prône la laïcité comme un partage sur le terrain neutre de notre simple humanité.

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, elle plaide pour l’éducation encore et toujours. Son poilu de grand-père, au nez épaté et aux cheveux frisés, s’est battu pour la France. Elle ne comprend pas alors pourquoi venant d’Afrique mieux vaut être une banane, un ananas ou de l’uranium nécessaire à Areva pour être adopté facilement.

Cette femme, riche de deux cultures, bourrée d’humour, a beaucoup à nous apprendre.

ll y aurait encore beaucoup à dire sur ce livre… Je vous laisse le découvrir en le lisant !

More and more

J'invite chaque lecteur de ce blog à aller voir le portrait de cette femme époustouflante clic clic clic

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26 avril 2017

ClumsyBookClub #12-13-14 : Malorie Blackman la couleur de la haine – le choix d’aimer – le retour de l’aube – tome 2,3 et 4

Bienvenue à tous,

C’est Clumsy qui nous propose de lire un livre par mois, celui que l’on souhaite tant qu’il est écrit par une femme noire.

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Book #12-13-14 : Malorie Blackman la couleur de la haine – le choix d’aimer – le retour de l’aube – tome 2,3 et 4

 

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My point of view

Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Ces trois romans sont la suite du destin de Sephy et Callum (cf post précédent).

J’ai dévoré ces 3 tomes, comme le premier. Tu verras que l’intrigue évolue, le style aussi mais toujours aussi captivent. Le monde manichéen du premier tome se meut en un monde aux interfaces difficilement cloisonnées : nihil et néant, primas et primates. La dimension riche/pauvre, quelque soit la couleur de peau, entre en jeu au fur et à mesure que les blancs acquierent des droits. Dans le deuxième tome, tu retrouveras les discours édifiants de la blonde qui va au deuxième tour des présidentielles. Dans le dernier tome, tu te retrouveras en pleine guerres des gangs. Tu rencontreras les difficultés des couples mixtes.

Intitule de te dire que j’ai dévoré cette série jusqu’à prendre mes romans lors des pauses commodités au taf.

Il me tarde de voir l’adaptation filmographique, si un jour il y en a une.

ll y aurait encore beaucoup à dire sur ces livres… Je vous laisse le découvrir en les lisant !

 

More and more

Le titre original du livre est noughts and crosses (des zéros et des croix, en référence au jeu du morpion).

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 Il a été adapté en pièce de théâtre par la royal Shakespeare company.

Voici quelques photos et un lien vers des extraits vidéo clic clic clic.

 

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13 avril 2017

ClumsyBookClub #11 : Malorie Blackman entre chiens et loups tome 1

Bienvenue à tous,

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Book #11 : Malorie Blackman entre chiens et loups tome 1

 

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 My point of view

Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Le livre suit le destin de Sephy, dominante et de Callum, opprimé.

Ce livre est un livre pour ado dans la lignée des Hunger Game ou Divergentes. Il est juste génial. Le ton est juste, l’intrigue est rondement menée, aucun temps mort. J’ai été séduite. Un vrai coup de cœur. Une vision manichéenne du monde avec seulement deux mondes : d’un côté les noirs, de l’autre les blancs.

Une perte de repères complètes où tu auras du mal à savoir si Callum est noir ou blanc. Pareil pour Sephy. Des références, sauce blanche, à Martin Luther King et Malcom X : un Alex Luther qui prône le changement par des actions pacifistes et une milice blanche qui propose des actions coup de poing. Tu y retrouveras la vraie vie comme celui qui fait semblant de ne pas voir ou encore celui qui refuse le système. L’auteure force volontairement le trait pour faire prendre conscience des injustices subies. Tu vas enrager, car tu sais que la réalité est celle décrite mais en inversée. Très peu d’éléments de contexte, mais là n’est pas le propos du livre. Tu y ressentiras toutes les difficultés des amours entre deux milieux que tout oppose selon la société : le rejet, l’exclusion, le racisme, l’incompréhension. Ne t’attend pas un soap à la happy end, ce roman est très réaliste. Suivant du côté où tu te trouves dans la vraie vie, tu feras soit « OUF » soit « je suis dedans jusqu’au coup ».

Pour aller plus loin, il faudrait faire un film car parfois tu seras perdue dans les couleurs de peau. Je conseille vivement ce livre. Ne serai-ce que pour prendre conscience de. Nombre de personne ne comprenne pas les opressions car ils ne les vivent pas et n'ont même idée qu'elles existent. Ce livre c'est un "voyez ce que vivent les opprimés". Je suis en train de dévorer le tome 2 et reviens vite vous dire si il est du même acabit.

ll y aurait encore beaucoup à dire sur ce livre… Je vous laisse le découvrir en le lisant !

 

More and more

Grace à ce livre j’ai découvert des hommes Noirs dont on ne parle jamais alors je les mets à l’honneur ici.

  

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Matthew Henson

Bras droit de Robert Peary dans la première expédition au pôle Nord en 1909. Il fut très important pour le succès de l’expédition, mais Peary reçut seul tous les honneurs, Henson étant afro-américain.

 

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Daniel Hale Williams

Premier chirurgien cardiaque Afro-américain. Il réussit la première opération à coeur ouvert aux Etats-Unis en 1893.

 

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 Garrett Morgan

L'inventeur des feux de signalisation et des masques à gaz utilisés par les soldats de la première guerre mondiale.

 

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Charles Drew

L'inventeur de la première banque du sang.

01 avril 2017

ClumsyBookClub #10 : Laura Nsafou à mains nues

Bienvenue à tous,

C’est Clumsy qui nous propose de lire un livre par mois, celui que l’on souhaite tant qu’il est écrit par une femme noire.

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Book #10 : Laura Nsafou à mains nues  

 

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My point of view

Ce livre est le premier Roman de Laura. A 14 ans, Laura écrivait sur Skyblog. A 20 ans elle avait fini son manuscrit. 20 ans quoi ! A 24 ans, il est édité.

Ce livre nous permet de suivre le parcours d'une jeune fille, Sybille, atteinte d'haptophobie. L'haptophobie est la peur de toucher et d'être touché. Toi aussi tu n’as jamais lu un livre traitant de ce sujet ?

Sybille vit haptophobie en non stop : dans ses relations, dans sa salle de bain, au travail. Cette maladie, très handicapante au quotidien, envahit ses espaces de vie. Une simple poignée de mains devient un véritable calvaire. Au fil des pages, le lecteur suit le parcours de Sybille vers la guérison, sa guérison. De rencontres en rencontres amoureuses, entre chaud et froid, entre chat et souris, elle prend possession de son corps et de sa vie.

Un moment très agréable dans des décors Suédois.

Je tenais ici à remercier chaleureusement l'auteure pour sa disponibilité et sa gentillesse lorsque je l'ai contacté pour échanger sur son livre.

ll y aurait encore beaucoup à dire sur ce livre… Je vous laisse le découvrir en le lisant !

 

More and more

Depuis que j'ai commencé ce challenge « lecture de livre écrit par une femme noire », je me demandais quand j'allais trouver un livre qui ne soit pas militant, qui ne parle pas de la lutte des Noirs. Enfin, j'en ai trouvé un. Il y a bien une pique sur la couleur de peau mais elle se fond dans le roman. Ne vous laissez donc pas impressionner par la description d'une auteure afroféministe engagée ! Dans ce livre, il n'en est rien.