soproudnana

26 octobre 2017

Clumsybookclub #22:Oprah Winfrey Ce dont je suis certaine

Bienvenue à tous,

C’est Clumsy qui nous propose de lire un livre par mois, celui que l’on souhaite tant qu’il est écrit par une femme noire.

Clic clic sur le lien de son blog pour plus d’explications ou celui du Clumsy book club sur goodreads.

 

Book #22Oprah Winfrey Ce dont je suis certaine

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My point of view

Ce n’est pas un roman. Il s’agit d’un livre sur le développement personnel.

Avec une quatrième de couverture comme suis : « Ce dont je suis certaine, c’est que votre parcours de vie commence par le choix de vous lever, d’aller de l’avant et de vivre pleinement. »

Huit parties composent ce bouquin, tu peux les lire indépendamment les unes des autres et aller piocher en fonction de ton intérêt et/ou de ta moood du moment : la joie, la résilience, les relations, la gratitude, les possibilités, l’émerveillement, la clarté et le pouvoir.

Tu découvriras que madame Oprah, contre toute attente, est de la lignée de Pierre Rhabbi : planter des graines, se nourrir de son potager, méditer, être en harmonie avec la nature, boire son thé matcha… Jusqu’à l’apparition de la maison à 50 millions de dollars. C’était bien parti mais là, on est loin du hameau de Buis en Ardèche.

Tu te rendras compte que Maya Angelou était la mère de cœur d'Oprah. Tu retrouveras d’ailleurs la gratitude et l’amour de Dieu si chers à Maya. Tu seras un poil envieuse : Maya quoi !

Tu découvriras que les chiots et les enfants sont de la même espèce. Ou pas ! En creux, il y a tout de même une sombre histoire de  viol avec un bébé mort à deux mois, des violences physiques dans l'enfance. Sacrée bonne femme, d'être posée là avec son empire en sachant d'où elle vient.

C’est simple, accessible, plein de bon sens, un tantinet mielleux mais ça se savoure un soir, assise mollement sur le canapé, les petons recouverts d’un plaid et les enfants jouant sur le tapis. Un moment trois étoiles !

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce livre, je te laisse le découvrir.

 

More and more

Dans la même veine, en plus "intello", je vous conseille trois amis en quête de sagesse de Christophe André, Matthieu Ricard et Alexandre Jollien.

Et TOUS les livres de Christophe André : une mine d’or pour accepter sa vie telle qu’elle est, là où elle en est avec ce qu’elle a de beau et de difficultés. Pas de baguette magique, pas de promesse vaine, juste sa vie !

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02 octobre 2017

Clumsybookclub #21: Taiye Selasi Le ravissement des innocents

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Book #21:Taiye Selasi Le ravissement des innocents

 

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My point of view

Une histoire bouleversante. Celle d’un homme, Kweku, un père de 4 enfants, un chirurgien, un mari qui abandonne sa famille après avoir été viré de son travail suite à une injustice à caractère racial.

Tu découvriras comment tout ce petit monde va survivre suite à cet évènement. Fola, sa femme. Les jumeaux, Kehinde et Taiwo. Sadie, le bébé. Olu, l’aîné.

Un livre surprenant du point de vue littéraire : une écriture fluide, imagée, enveloppante, ouatinée comme un cocon. C’est un livre sensuel : de nombreuses prises de vue avec arrêt sur image, des odeurs envoûtantes, des contacts autorisés et interdits, des non dits et des oui dire. Des caractères dépeints avec talent, tout en finesse, avec bienveillance mais sans complaisance.

J’ai eu beaucoup de mal à me faire à ce style les premières pages. Puis, une fois le cadre posé, j’ai adoré suivre cette famille. Ces peines surtout. La difficulté à se construire amputé d’un de ses membres.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce livre… Je te laisse le découvrir en le lisant !

 

More and more

Un petit extrait du livre. Ce n’est pas la première lecture d’une auteure noire où j’entends cet appel aux hommes Africains à aller au bout de l’investissement familial, à prendre en charge, à ne pas abandonner, à se battre encore et encore, à assumer.

« Savez-vous ce que je pense ? Le respect envers la famille n’existe pas. Les pères ne vénèrent ni leurs enfants ni leurs femmes. L’Olu que j’ai connu, Oluwalekun Abayomi, avait deux bâtards outre ses trois enfants légitimes. Un cerveau exceptionnel mais aucun sens moral. D’où les enfants-soldats, les viols. Comment pouvez-vous attacher de l’importance à la fille ou au fils d’un autre si vous n’en accordez même pas aux vôtres? »

Et puis un petit clin d’œil à l’actu comme des poupées gigognes qui s’emboîtent. Olu, le père, est comparé à un Carson ghanéen. Mais si tu sais, Ben Carson, le neurochirurgien afro entré dans la légende pour avoir réussi à séparer des siamois par la tête. Le même Ben Carson qui est aujourd’hui secrétaire au logement et au développement urbain du gouvernement Trump. Ce Trump qu’il a fortement aidé à élire. Dans la récente série « désigné survivant », Kieffer Sutherland, lui aussi secrétaire au logement et au développement urbain, devient le président des États-Unis suite à un attentat… Drôle de vie !

 

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18 juillet 2017

ClumsyBookClub #18-19-20 : Maya Angelou jesaispourquoichantel'oiseauencage, tantquejeserainoire, unbilletd'avionpourl'afrique

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Book #18-19-20 Maya Angelou je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, tant que je serai noire, un billet d'avion pour l’Afrique

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My point of view

Un triptyque magnifique de sincérité bercé de poésie et de negro spirituals. Ces 3 romans, autobiographiques, sont une hymne à la grandeur du peuple Noir.

Cette biographie en 3 tomes de Maya Angelou nous révèle une vie dense et pleine d’un chant d’Espérance. Swing low, sweet chariot. Chanteuse, danseuse, activiste, romancière et poète.

Le premier tome est cinglant et dur comme le viol dont elle a été victime. Justice. Il est sec comme la ségrégation dont les familles de Stamps furent victimes. Ne voyant que des blancs venir les narguer dans la boutique de sa grand-mère, Maya découvre l’humiliation et la peur. Voyages entre Nord et Sud des États-Unis. But Jesus is here. Toujours ce peuple qui se relève et s’élève malgré les systèmes d’oppressions. La grandeur du peuple Noir perçut comme une telle menace qu’il faut la détruire. Et la naissance de son fils.

Le deuxième tome est poignant. La vie de mère. L’engagement dans la lutte auprès du King, Martin. Le mariage avec Vusumzi Make (prononcer ce nom donne un tel plaisir), militant pour la cause en Afrique du Sud. Quel tourbillon ! Quelle vie ! La première de les nègres de Jean Genet.

Le troisième est celui du retour à la source, aux ancêtres sur les terres de l’Afrique Noire. La peur panique générée par l’unité Africaine proposée par le président Nkruma Kwame du Ghana qui fut donc assassiné. Malcolm. Le clivage entre Noirs africains et Noirs américains quand ces derniers arrivent en infatués conquérants.

Inutile de te dire combien, j’ai été passionnée et transportée par ses mots. A relire avec mes filles quand elles auront l'age de comprendre.

ll y aurait encore beaucoup à dire sur ces livres… Je vous laisse le découvrir en les lisant !

More and more

Pour voir le sourire généreux de Maya et en savoir plus sur sa vie, il existe un superbe reportage (actuellement diffusé sur Netflix).

 

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Et la poésie de Maya.

And still i Rise : ce poème est un cri du coeur

 

Vous pouvez me citer dans l'histoire

Avec vos mensonges amères et tordus,

Vous pouvez m’enfoncer dans la boue

Mais, comme la poussière, je m’élèverai.

 

Mon arrogance vous perturbe-t-elle?

Pourquoi sombrer dans la tristesse?

Parce que je marche comme si j'avais des puits

Pompant leur pétrole dans mon salon.

Tout comme les lunes et les soleils,

Avec la certitude des marées,

Tout comme les espoirs toujours vivaces,

Je vais encore m’élever.

 

Désirez-vous me voir brisée?

Tête inclinée, regard baissé?

Les épaules tombantes comme des larmes.

Affaiblie par mes pleurs inspirés.

Mon orgueil vous offense-t-il?

Si dur pour vous à supporter?

Parce que je ris comme si j’avais des mines d'or

Creusées dans mon arrière-cour.

Vous pouvez m’abattre avec vos mots,

Me cisailler avec vos yeux, Me tuer avec votre haine,

 

Mais, comme l'air, je m’élèverai.

 

Ma sensualité vous bouleverse-t-elle?

Est-il vraiment si surprenant

Que je danse comme si je cachais des diamants

A la jointure de mes cuisses?

Sortie des huttes de l'histoire honteuse

Je m’élève

 

Extraite d’un passé enraciné dans la douleur

Je m’élève

Je suis un océan noir vaste et bondissant,

Montant et enflant je résiste à la marée.

Laissant derrière les nuits de terreur et de peur

Je m’élève

Vers une aube infiniment claire

Je m’élève

Apportant les cadeaux offerts par mes ancêtres,

Je suis le rêve et l'espoir de l'esclave.

Je m’élève

Je m’élève

Je m’élève.

 

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11 juin 2017

ClumsyBookClub #17 : Latashia M.Perry des cheveux comme les miens

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Book #17 : Latashia M.Perry des cheveux comme les miens

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My point of view

Un livre sur une petite fille qui n'apprécie pas que ses cheveux soient différents des autres enfants qui l'entourent.

Ce livre est très intelligent pour de multiples raisons :

- l’héroïne n'a pas de nom. Que ta fille, ta nièce ou ta cousine se nomme Seyni, Yacine, Amandine, Marine, Jordane, Sylvia ou Jessica, elle pourra se retrouver dans cette histoire. C'est excessivement malin et habile car cela touche toutes les petites filles noires quelque soient leurs origines

- le livre ne vise pas à magnifier les cheveux crépus mais bien à accepter ses différences et arriver à la conclusion que nous sommes tous uniques et spéciaux. Là encore c'est un coup de maître. "Il n'y a personne comme toi au monde. Tu es unique et très belle."

- les illustrations sont multiples avec un nombre de coiffures impressionnant

- il n'y a aucun jugement

Bravo à cette auteure qui a su penser la différence dans sa globalité et nous sert ici un petit bijou.

More and more

Il n'y a pas que les cheveux qui turlupinent les enfants. Il y a aussi la nationalité.

Je dépose ici un autre livre pépite qui rassurera moults enfants qui se questionnent.

petite anectode :

Une adorable petite fille noire du doux nom de Lola rentre à la maison en s'interrogeant sur sa nationalité.

"Maman j'ai discuté avec Yacine à la récréation et elle dit qu'elle est Sénégalaise et que je suis Togolaise. C'est vrai ?"

"Non ma fille" répond sa maman " tu n'es pas Togolaise. Tu es Française."

"Tu es sure maman ? C'est vrai que je suis Française?" répond Lola avec un énoorme big smile de fierté.

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Dans ce livre, tu trouveras des mots que tu pourras poser avec tes enfants sur ce sujet pour les rassurer pleinement sur leur nationalité s'ils en éprouvent le besoin.

- Maitresse, pourquoi tu es noire ?

- Je vais répondre à ta question par une autre question Tovi : pourquoi es-tu blanc?

- Parce que je suis Français ! Répond Tovi

- N'importe quoi ! proteste  Miradie. Moi aussi, je suis Française. Et ce n'est pas pour ça que je vais devenir blanche !

07 juin 2017

ClumsyBookClub #16 : Chimamanda ngozi adichie Americanah

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Book #16 : Chimamanda ngozi adichie Americanah

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My point of view

Quelle tristesse de dire au revoir à ce roman. Encore, avais-je envie de dire. Encore, des mots réconfortants sur mes maux !

Ce livre est un véritable cadeau. Autant sur la forme que sur le fond. Une plume souple et fluide pour 700 pages d’une densité rare. Chaque mot, chaque phrase comptent.

Rien que le nom de l’héroïne est une invitation au voyage : Ifemelu ! Hye female you ! Bonjour à toi oh Femme !

Ifemelu, femme Noire Nigériane, étudiante diplômée, part aux États-Unis pour y faire des études et élargir son champ des possibles. Elle laissera au Nigeria son amour de jeunesse, Obinze.

Le roman débute au moment au Ifemelu a pris la décision, après 13 ans d'expatriation, de retourner dans son pays d’origine. Assise dans un salon de coiffure, elle nous raconte son parcours, les raisons de son départ aux États-unis, puis celles de son retour au pays. Le ton, toujours juste, n’est ni pesant, ni moralisateur. Il invite à la prise de conscience.

L’arrivée aux États-Unis sera un choc frontal : la découverte de la négritude comme un fardeau à porter. La difficulté de trouver un travail, la dépression, la honte mais aussi les réussites, les amours. L’auteure brosse un tableau de quelques interactions du système américain : les blancs, les Noirs Américains, les Noirs Africains. L’héroïne ne semble pas avoir eu de relation poussée avec les autres groupes minoritaires. En tout cas, ils sont invisibles dans le roman.

Le roman est ponctué des billets du blog à succès qu’écrit l’héroïne. Deux styles d’écriture qui permettent de jongler entre une histoire privée et une analyse politique et sociale de la condition des Noirs aux États-Unis.

A son retour au Nigeria, l’auteure décrit, avec vérité et sincérité, sa nouvelle personnalité d’Americanah, plus tout à fait Nigériane, pas tout à fait Américaine. Tu verras que l’auteure est honnête et lucide. Elle ne te brossera pas un portrait idyllique du Nigeria. Tout n’est pas si rose, même si la notion de race n’existe pas, d’autres problèmes sont dénoncés : la corruption, l’asservissement de la femme au porte-monnaie de l’homme, etc.

La libraire m’avait vendu ce livre comme une histoire d’amour, j’y ai trouvé bien plus que ça ! Cette histoire entre Obinze et Ifemelu me semble n’être qu’un fil rouge. Ce qui expliquerait pourquoi la fin est si peu étayée et si courte devant la profusion des thèmes abordés avec une grande précision tout au long du récit.

ll y aurait encore beaucoup à dire sur ce livre… Je vous laisse le découvrir en le lisant !

More and more

Au vu du nombre de sujets traités dans ce livre, plein de more and more me viennent à l’esprit. J’ai choisi de garder mémoire de 4 petits extraits ici.

« Comment va ton enfant ? Va-t-elle déjà à l’école ? » Tu devrais la mettre à l’école française. Ils sont très bons, très professionnels. Naturellement, l’enseignement est en français, mais cela ne peut faire que du bien à une enfant d’apprendre une autre langue civilisée, puisqu’elle apprend déjà l’anglais à la maison. » extrait qui se passe au Nigeria

Cette histoire fait écho à une anecdote.

Un papa Togolais faisait réciter sa leçon de géographie à son fils.

« Alors les fleuves de France mon fils pourrais-tu les mettre sur la carte ? »

« Mais papa, tu m’as donné une carte vierge, il n’y a pas les fleuves de France. »

« Comment ça ? Tu ne sais pas les dessiner ? A l’école, on nous apprenait à dessiner la France à main levée et à placer les fleuves et les villes. »

On aura deviné que le papa avait suivi sa scolarité au Togo et le fils en France.

Cela en dit long sur une forme d’imprégnation et de conditionnement, dès l’enfance. Le désir que son enfant ressemble, voir soit, à l’image du modèle dominant. Les restes de la colonisation ne peuvent-ils pas disparaître au profit d’une fierté nationale ? Comment avec une telle approche ne pas créer de la frustration et l'envi d'un ailleurs ?

 

« des radiateurs trop chauds en hivers et des climatiseurs qui refroidissent rien en été... Un gamin endormi sur un canapé défoncé recouvert d’un peignoir… à l ‘intérieur la pièce était un modèle de laisser-aller, avec sa peinture écaillée, un sèche cheveux rouillé qui n’avait pas servi depuis longtemps,...»

Mais pourquoi donc en France aussi certains salons de coiffure Afros sont d’une saleté repoussante ? Quel est ce concept de véhiculer une image crasse d’un groupe ethnique ?

 

La véritable tragédie d’Emmet Till, lui avait-il dit un jour, n’était pas qu’un enfant noir avait été assassiné pour avoir sifflé une adulte blanche, c’était que les Noirs s’étaient demandé : mais pourquoi a-t-il sifflé ?

C’est vraiment un sujet qui me tient particulièrement à cœur en tant que maman. Jusqu’à quel point je bride mon enfant à cause de la peur et non pour des raisons de bienséance et de morale ? Quel degré de liberté je lui supprime à cause de sa couleur ? Comment, par mon comportement, je lui fait déjà sentir qu’il est moins bien ? Au lieu de le pousser en avant ? Comment, face à un « de toute façon je ferai comme mes frères, je vendrai de la drogue car c’est ce que font les Noirs », je transforme sa pensée en possibilité d’un autre endroit et d’un ailleurs où la société ne l’attend pas encore ? Quelles actions je mets en œuvre pour que mon enfant se dise qu’il peut représenter l’homme ou la femme idéale d’une production grand public ? Comment je lui apporte de l’apesanteur dans la pesanteur ? Comment je lui donne de la force pour dépasser les préjugés qu’il va rencontrer pour qu'il puisse se faire SA place?

Encore une petite anecdote. Une femme Sénégalaise vient me voir outrée car on a mis son enfant en cours de soutien scolaire. « Tu te rends compte, ma fille, ils ont proposé qu’elle redouble le CP. Tout ça car elle est noire et que je ne parle pas bien Français. Et en plus en soutien, ils lui font faire des fléchettes, pour soi disant qu’elle prenne confiance en elle. C’est du calcul qu’elle devrait faire. Pas des jeux. C’est parce qu’on est étranger qu’ils font ça. » Comment je fais la part des choses et je sais reconnaitre une main tendue ? Comment je crée des passerelles et du lien et pas nécessairement de la confrontation et de l’opposition ? Comment je propose du vivre ensemble ?

 

« Tu sais nous vivons dans une économie de lèche-culs. Le plus gros problème de ce pays n’est pas la corruption. C’est qu’il y a une quantité de gens qualifiés qui ne sont pas là où ils devraient être, parce qu’ils refusent de lécher le cul de qui que se soit, ou qu’ils ne savent pas quel cul lécher, ou encore qu’ils ne savent pas lécher un cul. J’ai la chance de lécher le cul qu’il faut. »

Je me suis posée un bon moment pour rire avant de continuer ma lecture...

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05 mai 2017

ClumsyBookClub #15 : Fatou Diome Marianne porte plainte !

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Book #15 : Fatou Diome Marianne porte plainte !

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My point of view

C’est un pamphlet sur les hommes célèbres politiques ou médiatiques qui prônent une forme d’identité nationale concomitante avec le rejet de l’autre et le racisme.

C’est gonflé de la part de Fatou de parler au mon de Marianne, au mon de la France. Et pourtant, quelle génie ! Elle invite chaque Français qu’il soit blanc ou racisé à se saisir de sa nationalité Française : de la revendiquer haut et fort et surtout de l’assumer. Elle encourage à se débarrasser du poids du citoyen de poubellezone qui n’ose pas. Le citoyen qui accepte les réflexions désobligeantes, elle l’encourage à se sentir pleinement Français au détriment de l’image d’étranger qui lui est renvoyée. Elle invite chaque Homme a marché avec fierté et « à marcher sur le pont de la fraternité ».

Elle nous parle de la religion comme les dessous chics, tout le monde peut en avoir, mais nul n’est tenu d’exhiber les siens. Elle prône la laïcité comme un partage sur le terrain neutre de notre simple humanité.

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, elle plaide pour l’éducation encore et toujours. Son poilu de grand-père, au nez épaté et aux cheveux frisés, s’est battu pour la France. Elle ne comprend pas alors pourquoi venant d’Afrique mieux vaut être une banane, un ananas ou de l’uranium nécessaire à Areva pour être adopté facilement.

Cette femme, riche de deux cultures, bourrée d’humour, a beaucoup à nous apprendre.

ll y aurait encore beaucoup à dire sur ce livre… Je vous laisse le découvrir en le lisant !

More and more

J'invite chaque lecteur de ce blog à aller voir le portrait de cette femme époustouflante clic clic clic

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26 avril 2017

ClumsyBookClub #12-13-14 : Malorie Blackman la couleur de la haine – le choix d’aimer – le retour de l’aube – tome 2,3 et 4

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Book #12-13-14 : Malorie Blackman la couleur de la haine – le choix d’aimer – le retour de l’aube – tome 2,3 et 4

 

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My point of view

Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Ces trois romans sont la suite du destin de Sephy et Callum (cf post précédent).

J’ai dévoré ces 3 tomes, comme le premier. Tu verras que l’intrigue évolue, le style aussi mais toujours aussi captivent. Le monde manichéen du premier tome se meut en un monde aux interfaces difficilement cloisonnées : nihil et néant, primas et primates. La dimension riche/pauvre, quelque soit la couleur de peau, entre en jeu au fur et à mesure que les blancs acquierent des droits. Dans le deuxième tome, tu retrouveras les discours édifiants de la blonde qui va au deuxième tour des présidentielles. Dans le dernier tome, tu te retrouveras en pleine guerres des gangs. Tu rencontreras les difficultés des couples mixtes.

Intitule de te dire que j’ai dévoré cette série jusqu’à prendre mes romans lors des pauses commodités au taf.

Il me tarde de voir l’adaptation filmographique, si un jour il y en a une.

ll y aurait encore beaucoup à dire sur ces livres… Je vous laisse le découvrir en les lisant !

 

More and more

Le titre original du livre est noughts and crosses (des zéros et des croix, en référence au jeu du morpion).

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 Il a été adapté en pièce de théâtre par la royal Shakespeare company.

Voici quelques photos et un lien vers des extraits vidéo clic clic clic.

 

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13 avril 2017

ClumsyBookClub #11 : Malorie Blackman entre chiens et loups tome 1

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Book #11 : Malorie Blackman entre chiens et loups tome 1

 

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 My point of view

Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Le livre suit le destin de Sephy, dominante et de Callum, opprimé.

Ce livre est un livre pour ado dans la lignée des Hunger Game ou Divergentes. Il est juste génial. Le ton est juste, l’intrigue est rondement menée, aucun temps mort. J’ai été séduite. Un vrai coup de cœur. Une vision manichéenne du monde avec seulement deux mondes : d’un côté les noirs, de l’autre les blancs.

Une perte de repères complètes où tu auras du mal à savoir si Callum est noir ou blanc. Pareil pour Sephy. Des références, sauce blanche, à Martin Luther King et Malcom X : un Alex Luther qui prône le changement par des actions pacifistes et une milice blanche qui propose des actions coup de poing. Tu y retrouveras la vraie vie comme celui qui fait semblant de ne pas voir ou encore celui qui refuse le système. L’auteure force volontairement le trait pour faire prendre conscience des injustices subies. Tu vas enrager, car tu sais que la réalité est celle décrite mais en inversée. Très peu d’éléments de contexte, mais là n’est pas le propos du livre. Tu y ressentiras toutes les difficultés des amours entre deux milieux que tout oppose selon la société : le rejet, l’exclusion, le racisme, l’incompréhension. Ne t’attend pas un soap à la happy end, ce roman est très réaliste. Suivant du côté où tu te trouves dans la vraie vie, tu feras soit « OUF » soit « je suis dedans jusqu’au coup ».

Pour aller plus loin, il faudrait faire un film car parfois tu seras perdue dans les couleurs de peau. Je conseille vivement ce livre. Ne serai-ce que pour prendre conscience de. Nombre de personne ne comprenne pas les opressions car ils ne les vivent pas et n'ont même idée qu'elles existent. Ce livre c'est un "voyez ce que vivent les opprimés". Je suis en train de dévorer le tome 2 et reviens vite vous dire si il est du même acabit.

ll y aurait encore beaucoup à dire sur ce livre… Je vous laisse le découvrir en le lisant !

 

More and more

Grace à ce livre j’ai découvert des hommes Noirs dont on ne parle jamais alors je les mets à l’honneur ici.

  

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Matthew Henson

Bras droit de Robert Peary dans la première expédition au pôle Nord en 1909. Il fut très important pour le succès de l’expédition, mais Peary reçut seul tous les honneurs, Henson étant afro-américain.

 

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Daniel Hale Williams

Premier chirurgien cardiaque Afro-américain. Il réussit la première opération à coeur ouvert aux Etats-Unis en 1893.

 

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 Garrett Morgan

L'inventeur des feux de signalisation et des masques à gaz utilisés par les soldats de la première guerre mondiale.

 

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Charles Drew

L'inventeur de la première banque du sang.

01 avril 2017

ClumsyBookClub #10 : Laura Nsafou à mains nues

Bienvenue à tous,

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Book #10 : Laura Nsafou à mains nues  

 

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My point of view

Ce livre est le premier Roman de Laura. A 14 ans, Laura écrivait sur Skyblog. A 20 ans elle avait fini son manuscrit. 20 ans quoi ! A 24 ans, il est édité.

Ce livre nous permet de suivre le parcours d'une jeune fille, Sybille, atteinte d'haptophobie. L'haptophobie est la peur de toucher et d'être touché. Toi aussi tu n’as jamais lu un livre traitant de ce sujet ?

Sybille vit haptophobie en non stop : dans ses relations, dans sa salle de bain, au travail. Cette maladie, très handicapante au quotidien, envahit ses espaces de vie. Une simple poignée de mains devient un véritable calvaire. Au fil des pages, le lecteur suit le parcours de Sybille vers la guérison, sa guérison. De rencontres en rencontres amoureuses, entre chaud et froid, entre chat et souris, elle prend possession de son corps et de sa vie.

Un moment très agréable dans des décors Suédois.

Je tenais ici à remercier chaleureusement l'auteure pour sa disponibilité et sa gentillesse lorsque je l'ai contacté pour échanger sur son livre.

ll y aurait encore beaucoup à dire sur ce livre… Je vous laisse le découvrir en le lisant !

 

More and more

Depuis que j'ai commencé ce challenge « lecture de livre écrit par une femme noire », je me demandais quand j'allais trouver un livre qui ne soit pas militant, qui ne parle pas de la lutte des Noirs. Enfin, j'en ai trouvé un. Il y a bien une pique sur la couleur de peau mais elle se fond dans le roman. Ne vous laissez donc pas impressionner par la description d'une auteure afroféministe engagée ! Dans ce livre, il n'en est rien.

29 mars 2017

ClumsyBookClub #9 : Léonora Miano Ces âmes chagrines

Bienvenue à tous,

C’est Clumsy qui nous propose de lire un livre par mois, celui que l’on souhaite tant qu’il est écrit par une femme noire.

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Book #9 : Léonora Miano Ces âmes chagrines 

 

9782266223799

 

 

My point of view

Un livre dense, compact. Des personnages très marqués.

Une histoire d’enfants délaissés par leur mère avec en trame de fond les liens qui unissent et désunissent l’Afrique et l’Europe.

On voyagera sur le continent subsaharien, dans l’intra-muros et le Nord en cherchant sans cesse à y mettre le nom d’un continent ou d’une ville. On croisera une multidude de personnages. On vivra la misère de la clandestinité dans le Nord.

Modi, le fils métis, s’enlise dans la douleur. « prenait conscience de son désarroi , de son inaptitude à dépasser ses vielles blessures. » Une quète d'identité : comment faire face au choix de la double identité ? Rejeter l'une, garder l'autre ? Comment créer une identité plurielle. Les ravages d'un divorce pour cet enfant dont la mère prend un nouveau mari qui n'accepte pas le package "femme+enfant". C'est un homme en colère que l'on retrouve. La colère de l'injustice, l'amertume puis vient la méchanceté. Comment aimer quand on a soi même était mal aimé ? Comment retrouver ou créer de l'estime de soi ? Comment garder le cap?

Maxime, le fruit du viol, fait front. « de ceux qui, s’ils se rendent compte du malheur qui les accable, trouvent toujours en eux de quoi endurer sereinement la vie, de quoi espérer, de quoi créer du sens. »

Une mère branchée sur les ondes " instinct de survie", incapable de choisir son enfant à un instant de sa vie.

Des vies, des regards, des âmes chagrines.

J’ai quitté le Mboasu, fermé ce livre avec une furieuse envie de respirer, de vivre comme si je venais de lire une partie de ma propre histoire au masculin.

 

ll y aurait encore beaucoup à dire sur ce livre… Je vous laisse le découvrir en le lisant !

 

More and more

Un extrait du livre sur ce rapport tellement chargé d'histoire entre le continent et le Nord.


«Au vu de ces éléments, on s’effarait de l’acharnement que mettaient les puissances nordistes à refouler les Subsahariens désirant s’établir chez elles, quand elles s’échinaient, avec autant d’énergie, à tout faire pour les conduire à désespérer du Continent. La morale aurait recommandé de leur dérouler le tapis rouge, purement et simplement, parce que aucune politique de codéveloppement, aucune ambition de commercer équitablement avec le Continent, ne pouvait tenir lieu de compensation acceptable, face à des siècles de spoliation, de mépris. Tant qu’un ne serait pas tout à fait quitte les rapports seraient souvent faussés, les Subsahariens n’approchant les Nordistes que dans le but- de se faire rembourser d’une façon ou d’une autre. C’était rude pour ceux des Nordistes qui recherchaient des relations plus fraternelles que celles instaurées par leurs ancêtres, mais c’était éminemment compréhensible, les compteurs n’ayant pas été remis à zéro, ne pouvant aisément l’être.»

 

Posté par soproudnana à 09:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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